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Une meilleure compréhension des faits liés à l’énergie nucléaire s’avère nécessaire

L’article suivant, rédigé par M. Michael Ivanco, a été publié dans la Hamilton Spectator’s Points of View page (la page des points de vue du Hamilton Spectator) le vendredi 9 mars 2007. L’article a été rédigé en fonction d’une série d’articles et de lettres récemment publiées dans le Spectator à l’égard du débat sur l’énergie nucléaire.

Le débat sur l’énergie nucléaire est tellement polarisé qu’il n’est pas surprenant que les gens qui ne sont pas experts dans le domaine de l’énergie ne savent pas qui croire. Je vous écris concernant les articles récents portant sur le débat sur l’énergie nucléaire.

Je suis un autre scientifique (Je sens que je dois m’excuser pour cela) qui connaît beaucoup sur l’industrie, et à ce titre, je reconnais qu’il y a un peu de points obscurs dans ce débat. Cependant, il est frustrant de voir des déclarations faites qui sont absolument fausses, pourtant elles sont présentées comme étant des faits réels.

Un exemple de ces énoncés que l’on entend fréquemment et qui a été répété dans l’article d’opinion par Janet Fraser – et je ne la blâme pas parce qu’elle a entendu David Suzuki dire la même chose – est que l’énergie nucléaire est coûteuse, ce qui n’est simplement pas vrai.

Malgré l’expérience de l’Ontario, il n’y a rien de coûteux relativement à l’énergie nucléaire. Par exemple, des pays en Europe, qui ont de très fortes concentrations de génération d’énergie nucléaire tels que la France (80 %) et la Suède (50 %), sont parmi les pays qui ont les taux d’électricité les plus bas (résidentiel et industriel) sur le continent.

Bien qu’il y ait eu des dépassements de coûts dans les projets nucléaires de l’Ontario, les six projets nucléaires canadiens les plus récents exécutés à l’étranger après le projet de Darlington, ont été réalisés conformément au budget et au calendrier. Pourtant, même avec les dépassements de coûts sur les projets de l’Ontario, l’électricité la plus coûteuse en Ontario est celle qui est produite par le gaz naturel et l’énergie éolienne. Ce sont ces faits que vous ne lirez pas dans les sites Web des groupes qui sont contre l’énergie nucléaire, mais ce sont des faits et l’on peut les trouver sur des sites Web dont les auteurs sont indifférents à l’égard du sujet.

Il n’y a aucune raison de douter de la sincérité de l’opposition de David Suzuki en ce qui concerne l’énergie nucléaire ou qu’il se fonde sur la meilleure des raisons. Cependant, il n’a pas le monopole de la sagesse. La Society of Energy Professionals, un groupe solide de 7 000 ingénieurs et de scientifiques qui travaille dans le secteur de l’électricité de l’Ontario, dont je suis membre, favorise des mesures dynamiques de conservation, l’élaboration de l’utilisation de l’énergie éolienne et d’autres sources renouvelables ainsi que l’utilisation de la biogazole afin de compenser le bilan carbone de l’énergie produite par des combustibles fossiles.

En bref, il s’agit de la même démarche préconisée par la fondation David Suzuki, Greenpeace, entre autres. Cependant, notre groupe favorise également une fiabilité sur le nucléaire pour la production de l’énergie de base en Ontario. Il s’agit de la seule source d’énergie avec un faible bilan carbone qui est disponible pour la production de l’énergie de base.

Si vous ne faites pas confiance à ceux qui travaillent dans l’industrie de l’électricité en Ontario, tenez compte du fait qu’il y d’autres icônes dans le mouvement global environnemental tels que M. James Lovelock (le découvreur de l’hypothèse Gaia) et Stewart Brand (fondateur du Whole Earth Catalogue) qui ont le point de vue exactement contraire à David Suzuki quant à l’énergie nucléaire. M. Lovelock est reconnu pour avoir changé l’opinion de Patrick Moore, un co-fondateur de Greenpeace, à ce sujet. Ils ne travaillent pas pour l’industrie nucléaire et n’ont rien à profiter du soutien de la technologie. Selon eux, l’élaboration de l’utilisation de l’énergie nucléaire est la seule façon de réduire considérablement l’émission des gaz à effet de serre sans détruire l’économie mondiale.

Ils perçoivent l’opposition des autres environnementalistes à l’énergie nucléaire comme un des premiers obstacles dans la résolution du problème du réchauffement de la planète, puisqu’ils proposent des solutions irréalistes à de réels problèmes. Ils croient qu’être en opposition de la technologie de génération d’électricité à faible bilan carbone le plus considérable n’est pas logique si vous croyez que les émissions de gaz à effet de serre sont la menace la plus dangereuse à notre espèce. Ce point de vue est semblable à une personne en train de se noyer qui refuse un bateau de sauvetage parce qu’ils craignent qu’il y aura une fuite.

Vous n’avez pas besoin d’être contre l’énergie nucléaire pour être environnementaliste. Le changement climatique me préoccupe aussi : j’ai des enfants et j’aimerais protéger leur avenir; je demeure en aval de la centrale de Nanticoke, pourtant je ne suis pas préoccupé par l’idée qu’elle soit éventuellement transformée en une centrale nucléaire. Si tel était le cas, il y aurait l’élimination d’environ 20 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par année, ce qui équivaut à enlever environ 4 millions de voitures des autoroutes en Ontario, c’est à dire, quasiment toutes les voitures en Ontario.

Je n’ai pas encore vu une autre solution proposée qui ferait une telle différence.

M. Michael Ivanco habite à Oakville.
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